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Comment se lancer dans l’aventure et commencer l’IEF?

Dans quelques jours, nous allons commencer l’IEF. Une nouvelle aventure s’ouvre devant nous ! Mais quelles sont les étapes que nous avons suivies pour en arriver là ? Quelles sont nos obligations ? Quelles sont nos droits ? Est-ce que l’IEF est encore possible de nos jours ?

Commencer l’IEF nécessite une réflexion personnelle

L’IEF est un rêve pour moi depuis déjà quelques temps, comme je le mentionnais précédemment ici. Mais maintenant, ce rêve devient réalité et nous allons commencer l’IEF. Comme il n’y avait aucune situation d’urgence, j’ai pris le temps de réfléchir. Bien sûr, parfois il faut agir sans trop se poser de question quand il s’agit de protéger son enfant de harcèlement ou autre source de grave danger. Mais tel n’était pas mon cas. Je me suis donc posée la question : est-ce que je me lance dans l’IEF ? Dernière cette question qui peut paraitre toute simple, il y a pourtant tout une réflexion.

Sommes-nous tous capables d’instruire à nos enfants?

Tout d’abord, est-ce que je serai capable d’instruire mon fils ? Il est en grande section de maternelle, donc j’ai sans aucun doute les connaissances nécessaires à l’instruction. Mais suis-je capable de transmettre un savoir ? Ai-je la patience ? La pédagogie ? J’ai repensé aux confinements, à mon caractère, à celui de mon loulou, à nos activités que nous faisons très régulièrement. Et j’en suis arrivée à la certitude que, oui, je suis capable d’instruire mon fils. Bien évidemment, il y aura des moments de doutes, de peur, d’exaspération. Mais rien d’insurmontable.

L’IEF est-il bon pour tous les enfants?

Par la suite, je me suis demandée s’il était judicieux de sortir mon fils du système scolaire. En effet, pour des raisons professionnelles, mon loulou devra fréquenter à nouveau l’école en septembre. Est-ce qu’il y a un minimum de temps à respecter pour que l’IEF en « valle le coup » ? Est-ce qu’il ne va pas prendre de mauvaises habitudes pendant ces 4 mois et demi d’IEF ? Le retour à l’école ne sera-t-il pas trop compliqué ?

Je crois que chaque enfant a le droit de faire une pause dans cette vie trépidante qu’on leur impose. Ce sera une pause de seulement 4 mois et demi…mais c’est bien mieux que les 15 jours de vacances que je lui aurais offert en temps normal. Il a le droit de savoir qu’autre chose est possible. Il a le droit de faire les activités qui lui tiennent à cœur. Sans aucun doute, le retour à l’école sera difficile. Il faudra se réhabituer aux horaires, rester assis toute la journée, faire ce qui est demandé. Mais est-ce parce qu’une difficulté se profile qu’il ne faut pas bouger ? Je ne le crois pas ! Sinon, il n’y aurait plus de voyage, plus de vacances, plus de cinéma et plus aucune de ces activités qui nous procure du bonheur, certes, mais un bonheur éphémère !

Commencer l’IEF est une affaire qui concerne toute la famille

Les deux parents doivent être d’accord

Une fois que j’étais convaincue, il a fallu convaincre mon mari. Il n’était pas forcément favorable puisque notre bonhomme est bien intégré dans sa classe, avec des copains et des copines. Il fréquente une petite école de village qui propose pas mal d’activités. Et il ne voyait pas trop l’intérêt de le sortir de là. Mais avec la certitude qu’il réintègrerait l’école en septembre, j’ai obtenu son feu vert. Je suis bien consciente que ce n’est pas comme ça pour tous les couples ! Combien de couples se déchirent sur ce sujet ? Il faut savoir que les deux parents doivent signer les papiers pour que l’IEF soit faisable. Même s’ils sont divorcés et même si l’un des deux est à l’autre bout de la Terre. A partir du moment où les deux parents ont l’autorité parentale, les deux doivent signer !

J’ai donc obtenu son précieux sésame. Avant d’enclencher les démarches officielles, il me restait à poser la question au principal intéressé.

Faut-il demander l’avis de l’enfant?

En effet, comme je l’ai dit précédemment, notre situation ne présente aucun caractère d’urgence ou impérieux. Nous avons donc décidé d’avoir l’accord de P’tit Loup pour cette aventure. Il y a bien des raisons qui poussent certains parents à prendre la décision pour leur enfant. Il peut s’agir d’un changement de mode de vie incompatible avec le système scolaire ou encore un danger physique ou psychologique à laisser son enfant dans l’école ou encore d’un enfant trop petit pour décider. Après tout, c’est aux parents que revient le choix du mode éducatif de leurs enfants.

Mais nous étions dans une configuration qui nous permettait de demander l’avis de notre P’tit Loup. Je pensais qu’il allait sauter de joie à cette proposition. Mais ce ne fut pas le cas. Il s’est renfermé, il a pleuré. Je me suis alors empressée de lui expliquer que nous lui laissions le choix et que s’il voulait continuer à aller à l’école, je n’y voyais aucun inconvénient.

Les jours ont passé, puis les semaines aussi. Nous en discussions, nous répondions à ses questions, lui donnant les avantages comme les inconvénients à changer de mode d’instruction. Puis il a pris sa décision : il ne voulait plus aller à l’école. On l’a encore laissé réfléchir et comme il ne revenait pas sur sa décision, nous avons acté le fait que nous allions nous lancer dans l’aventure de l’IEF. Nous avons compris par la suite que c’est le changement qui lui faisait peur. Ses petites habitudes allaient être chamboulées !

Nous avons la chance d’avoir pu le prévenir un mois avant le début de notre aventure, ce qui nous a laissé le temps d’en discuter. Mais quelle que soit la situation, il est primordial de discuter avec son enfant et de l’écouter. Peut-être qu’il a des peurs auxquelles tu ne penses pas. Ou peut-être qu’il s’imagine qu’il va tout simplement être en vacances ou qu’il pourra continuer à voir ses copains tous les jours. Le dialogue est donc essentiel pour que cette aventure se passe le mieux possible.

Comment annoncer la nouvelle autour de nous?

Maintenant que nous avions décidé de commencer l’IEF, il fallait officialiser tout ça ! C’est quelque chose qui me faisait terriblement peur. La peur du jugement et du regard des autres. Il faut aussi savoir que je suis une vraie quiche quand il s’agit de défendre mon point de vue ! J’ai tendance à fondre en larme après m’être complètement renfermée si la personne qui est en face de moi ne pense pas comme moi.

L’annonce à la famille

La première difficulté était de l’annoncer à mes parents. Ils sont pro-école à fond. Pour eux, l’IEF est une pure hérésie ! Je sais également que j’ai besoin de leur reconnaissance, d’être approuvée dans ce que je fais. Ce serait sans aucune doute intéressant à psychanalyser…mais pour le moment je m’adapte !

Je repoussais donc le moment d’informer mes parents de notre décision. Mais inévitablement, ce moment est arrivé. Devant les difficultés que je prévoyais en songeant à cette discussion, j’ai opté pour l’annonce écrite ! J’écris souvent des mails à ma maman pour parler de la pluie et du beau temps. Et bien là, j’ai parlé de la pluie, de notre projet d’IEF, et du beau temps ! J’ai pesé mes mots, lui affirmant que je savais que l’école était importante pour eux, mais que l’IEF était un rêve pour moi. Et que, sommes toutes, on ne parle que de 4 mois de pause dans la vie scolaire d’un bonhomme de 5 ans ! C’est passé crème ! Elle m’a répondu qu’effectivement elle tenait à l’école mais que j’avais bien raison de suivre mes rêves !

A nouveau, je mesure la chance que j’ai d’avoir des parents ouverts d’esprit et suffisamment intelligent pour me laisser vivre ma vie comme je l’entends !

Une annonce par écrit permet de peser ses mots, les réfléchir avant de les envoyer. Tourner les phrases dans le bon sens. Parler de nous sans accuser l’autre. Lui donner nos arguments le plus calmement possible sans partir dans un combat de coq ou chacun doit montrer qu’il est le meilleur. « Je comprends que tu penses ça, mais moi, je pense autrement », est une phrase magique. Elle permet à l’autre d’exister puisqu’on reconnait sa pensée. Mais elle nous permet également de nous affirmer.

L’annonce à l’école

Pour pratiquer l’IEF, nous n’avons aucune obligation de prévenir l’école. Nos rapports avec l’équipe enseignante étant au beau fixe et étant qu’il est prévu que P’tit Loup réintègre l’école à la rentrée, nous avons fait le choix de prévenir la maitresse et, par la même occasion, la directrice d’école.

J’avais rendez-vous avec la maitresse un matin. Autant te dire que je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, pour la même raison qu’énoncé précédemment. Là, il fallait que je m’exprime à l’oral, que je sois bien dans mes baskets, sûre de moi et prête à me défendre si la maitresse montrait quelques signes de mécontentement. Pourtant, je n’ai pas à convaincre le corps enseignant. L’IEF est mon droit et je ne fais que les informer de mon choix. Mais j’imaginais très bien que si la maitresse n’allait pas dans mon sens, je me serais sentie infantilisée et très mal à l’aise même en sachant que je suis dans mon droit. Elle aurait même probablement insinué le doute en moi.

Mais contre toutes attentes, la maîtresse a approuvé notre choix. Elle nous a dit que nous avions bien raison d’offrir ça à notre enfant, que c’était une véritable chance et que si elle pouvait elle le ferait également avec ses enfants. Je lui ai demandé de me redonner le cahier d’évaluation de P’tit Loup et de me dire s’il était « en retard » sur certains aspects par rapport à ce qui est attendu à l’entrée en CP. Après avoir discuté de tout ça, je suis partie avec sa bénédiction !

Quelles sont les formalités obligatoires pour commencer l’IEF?

Il me reste maintenant 2 petites démarches administratives à effectuer pour pouvoir commencer l’IEF et nous seront pleinement opérationnels. La première d’entre elles est d’envoyer une lettre en recommandée à la DSDEN. Je prendrai tout simplement le modèle de la lettre proposée par le site de l’UNIE. J’ai commencé à adhérer à cette association spécialisée en IEF en octobre 2020 quand l’IEF a été mise en danger par notre cher président. Leur site est super bien fait. On y trouve tout ce que l’on veut! D’ailleurs, quand la maîtresse de P’tit Loup m’a demandé d’écrire un mail à la directrice pour voir avec elle pour les formalités administratives, je les ai cités. Je l’ai simplement informée que j’avais pris toutes les informations nécessaires sur le site de l’UNIE et donc je n’avais besoin d’aucune information supplémentaire!

La deuxième formalité qu’il me faudra effectuer est une lettre à la mairie. Comme nous habitons dans un petit village, j’irai donner cette lettre en main propre.

Ces deux lettres sont à envoyer au plus tard le jour de la rentrée ou 8 jours après la déscolarisation de l’enfant.

Je précise que les démarches à effectuer ne seront plus les mêmes à partir de septembre 2022 puisque l’IEF deviendra soumise à autorisation à partir de ce moment-là. Il faudra donc remplir une demande d’autorisation.

Est-ce que ces quelques conseils vont te permettre de te jeter à l’eau? Ou peut-être es-tu déjà en IEF?

Si tu as aimé cet article, tu es libre de le partager! :-)

Cet article a 12 commentaires

  1. Aline

    Bonjour, et merci pour ce partage. C’est intéressant pour moi de lire ici la démarche que vous avez eu et ce qui vous a poussé à mettre en place l’ief pour votre enfant. Me concernant, c’est une option qui trotte aussi dans un coin de ma tête depuis un moment. Cependant, je ne me sens encore pas du tout prête à franchir ce cap pour différentes raisons. Tout d’abord, mon compagnon est loin d’être en phase avec cette idée. Par ailleurs, je vois bien que mon fils aime aller à l’école et qu’il s’y sent bien. Et enfin, car je ne me sens pas encore en confiance (et c’est sûrement le plus gros point) face à cette démarche et face à la responsabilité dans laquelle cela engage. Ce sera avec plaisir que je suivrai vos quatre mois d’aventures avec votre enfant.

    1. Miss Obou

      Bonjour Aline et merci pour ce partage. C’est vrai que les compagnons ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde et ce n’est pas évident pour le convaincre du bien fondé de cette démarche. Tant que l’enfant se sent bien à l’école, on peut le laisser. Mon grand me disait chaque jour d’école qu’il ne voulait pas aller à l’école…ça motive pour franchir le cap! C’est drôle, ce qui me manquait le plus personnellement, ce n’était pas le manque de confiance en mes capacités mais le regard des autres! Après tout dépend du niveau scolaire! Pour un niveau maternelle, tout le monde (ou presque!) a le niveau pour enseigner. Pour un niveau terminal, c’est normal de douter, mais après tout, on après en même temps nos enfants!

  2. Marie

    Bonjour Obou,
    Je viens de m’inscrire à ta Newletter, hi,hi,hi…
    M’as-tu reconnue ?
    Je viens te lire ici régulièrement et aussi sur l’autre blog.
    J’apprends que tu aurais créé un autre blog ailleurs ?
    Bon concernant ton article, je trouve que tu as raison de faire l’essai de l’IEF.
    C’était pour toi un souhait qui te trottait dans la tête depuis quelques temps déjà.
    Il est important de réaliser ses rêves, au moins, quelque soit le résultat, qui sera forcément bon,
    tu n’auras aucun regret.
    Tous mes voeux de réussite t’accompagnent.
    Bonne soirée
    A bientôt
    Marie

    1. Miss Obou

      Bonsoir Marie,
      Que ça me fait plaisir de te voir par ici! Bien sûr que je t’ai reconnue! Effectivement, j’ai créé un autre blog : https://sciencesludiques.fr Il est consacré, comme son nom l’indique à la vulgarisation scientifique.
      Oui, l’IEF est un rêve! Il n’est pas toujours évident de pouvoir réaliser ses rêves, mais si on le peut, alors il faut foncer! Merci de ton soutien!

  3. SOPHIE

    Merci pour cet article, nous allons commencer l’IEF au Québec avec notre fils qui aura bientôt 12 ans! C’est un autre niveau mais il est tellement content de vivre cette nouvelle expérience que je ne me fais aucun soucis! Nous sommes conscients qu’il y aura sans doute des hauts et des bas mais je pense que leur donner la possibilité de voir qu’il existe d’autres façons d’apprendre c’est tellement important!

    1. Miss Obou

      Oui, c’est tellement essentiel de leur montrer qu’on peut apprendre de pleins de façon! Mon loulou de 5 ans associe « travail/apprentissage » avec « fatigue/ennuyeux ». Mon objectif pendant ces quelques mois d’IEF sera de lui prouver que son idée est fausse! Pas facile! Autant hier, pour le premier jour de travail, il était super motivé, autant aujourd’hui, c’est une autre paire de manche!
      En tout cas, je te souhaite une excellente aventure avec ton fils de 12 ans!

  4. Allan

    Je ne connaissais pas le terme IEF du coup au début je ne comprenais pas tout ! 😅
    J’adorerai pouvoir offrir ce type d’éducation à mes enfants quand je vois ce qu’ils font à l’école… (en général) !
    Mais cela demande une certaine liberté, j’éspère l’obtenir d’ici là ! 😀
    Merci pour ce très bel article. 👏

    1. Miss Obou

      C’est vrai que ça demande de la disponibilité. J’ai la chance d’avoir cette dispo pendant quelques mois alors j’en profite! Après ça, j’espère bien trouver de la liberté avec un nouvel emploi!

  5. Emilie

    Je ne me sens pas du tout de me lancer dans l’IEF parce que j’ai trop besoin d’aller bosser et de me réaliser dans mon travail.
    Mais je suis tellement contente pour vous! Profitez bien

    1. Miss Obou

      C’est sûr que ce n’est pas une aventure que tout le monde peut vivre. Certains parents, mais aussi certains enfants, ont besoin de prendre l’air ailleurs que dans le cocon familiale. Quand d’autres ont besoin de fuir le milieu scolaire ou le poste de salariée. C’est pourquoi il est important que chacun puisse choisir en fonction de ses besoins!

  6. Vincent

    Merci pour toutes ces informations et la bienveillance derrière votre démarche.

    1. Miss Obou

      ça me fait toujours plaisir de partager nos aventures avec d’autres personnes!

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