Nicolas, du blog Apprenti randonneur, nous propose de participer à un carnaval d’articles et de réfléchir sur Comment dépasser ses limites ? D’ailleurs, je te conseille d’aller faire un tour sur son blog si tu t’intéresses à la randonnée. L’article sur les jeux d’orientation à faire avec les enfants m’a particulièrement plu, même si je n’ai pas encore pris le temps de tester cela ! Mais revenons à nos moutons. En me lançant dans l’aventure de l’IEF (Instruction En Famille), je peux t’assurer que j’ai repoussé plus d’une limites et je te propose donc de t’en dire plus à ce sujet.
Pourquoi dépasser ses limites ?
Pour me lancer dans l’IEF, il a fallu que je dépasse mes propres limites ! En effet, il est bien plus simple de rester dans son petit confort quotidien que de tenter l’aventure ! Quand je dis « confort quotidien », il ne faut pas croire que le rythme métro-boulot-dodo est confortable ! Non ! Ce sont les habitudes qui sont confortables.
Pour s’en convaincre il suffit de regarder le nombre d’articles qui font l’éloge des fameuses routines matinales, afin d’accomplir beaucoup de choses sans dépenser beaucoup d’énergie. Il est certain qu’avoir des routines ou des habitudes permet d’alléger un peu notre charge mentale, les actions se déroulant les unes à la suite des autres sans que l’on ait besoin d’y réfléchir. Tout s’enchaine comme une mécanique bien huilée.
On se lève, on lève les enfants, on les emmène à l’école, et on va nous-même au travail. Le soir, on quitte le boulot, on récupère les enfants, on mange sur le pouce parce qu’on a plein de choses à faire et tout le monde va ensuite au lit, plus ou moins heureux de cette journée. On ne se pose pas de question, on sait ce que l’on a à faire, on rentre dans le moule que la société nous impose plus ou moins implicitement.
L’avantage également c’est que lorsque l’on rencontre des difficultés, il est facile d’en discuter autour de soi, tout le monde connaît les mêmes ou presque. Les salaires trop bas, les horaires difficiles, les enfants qui ne veulent pas se lever et les activités extra-scolaires qui s’enchainent dès que l’école est terminée.
Oui mais voilà, la mécanique est bien huilée, mais correspond-elle à notre besoin ? A nos aspirations ? Dépasser ses limites, c’est essayer de perfectionner cette mécanique pour se rapprocher de nos besoins fondamentaux. Et ce n’est pas simple d’améliorer quelque chose qui fonctionne bien ! Ce n’est absolument pas confortable et il faut mettre la main dans le cambouis ! Mais quel bonheur de passer d’une voiture des années 40 à une voiture moderne !
En me lançant dans l’aventure de l’IEF, j’ai dit adieu à ce petit confort et j’ai repoussé mes limites.
Comment dépasser les limites de nos connaissances ?


Les premières limites que j’ai repoussées sont celles de ma vision de la pédagogie. Je suis allée voir plus loin que ce que la société me propose et ce que ma propre histoire personnelle m’a enseigné. L’école n’est pas obligatoire. Il y a mille et une façons d’apprendre et d’instruire. J’ai rencontré des personnes, j’ai discuté sur des forums, j’ai écouté les arguments des uns et des autres pour me forger ma propre opinion et je suis allée sur des territoires de pensées que je n’avais jamais fréquentés jusque-là.
Pour cela, internet est un formidable outils d’émancipation qui permet de confronter de nombreux points de vue. A nous, ensuite, de créer notre propre pensée. Dans le domaine de la pédagogie et de la parentalité, il existe également pléthore de livres : pédagogie Montessori, Freiner, Steiner, Hagnauer, Dolto, Alvarez et tous ceux qui sont inconnus forment une bibliothèque de pensées incroyablement riche afin de repousser les limites de nos connaissances.
Sortir des sentiers battus
La deuxième étape à franchir fut celle de ma vision du monde professionnel. Mes parents et mes grands-parents ont eu le même travail du début à la fin de leur carrière. Il m’a fallu comprendre que ce n’était plus le même modèle de carrière aujourd’hui. Non seulement il est rare de garder le même travail tout au long de sa vie professionnelle mais en plus le travail se décline en de nombreuses possibilités.
Il m’a fallu dépasser les limites imposées par une vision salariale des métiers. Il est aujourd’hui possible de travailler d’où l’on veut, comme on veut et le temps qu’on veut. Les possibilités sont infinies. C’était à moi de trouver ce que je voulais, ce qui me convenait.
Là aussi, internet est une source inépuisable d’inspiration. J’y ai trouvé des témoignages de toutes sortes, des métiers tous plus incroyables les uns que les autres. On était bien loin de ce que j’avais pu voir lors du fameux « forum des métiers » auquel j’avais été invitée au collège (toi aussi tu as eu ce genre de truc ?)
Les professions d’aujourd’hui peuvent être complètement libérées du carcan d’un bureau en haut d’un immeuble. Les horaires peuvent s’adapter à la vie de famille. Bien évidemment tous les métiers ne présentent pas toutes les possibilités. Mais chaque envie, chaque besoin peut être comblé par un métier.
Je crois bien que repousser les limites de ma vision de la vie professionnelle a été l’un des plus grands changements chez moi au cours de cette aventure qu’est l’IEF !
IEF, un besoin fondamental d’ingéniosité et de créativité


En faisant l’IEF, il a fallu aussi que je repousse mes limites d’ingéniosité et de créativité ! Mon loulou est allergique a tout ce qui ressemble à du travail formel. Il part en courant dès qu’il voit une fiche à remplir. Il me faut donc trouver d’autres solutions pour le motiver et l’instruire. Je n’ai jamais autant réfléchi à la manière de partager une connaissance que depuis que je fais l’IEF !
Je m’inspire d’internet bien sûr. Il s’agit, pour ça aussi, d’une source inépuisable d’idées. Mais cela ne suffit pas, il faut adapter toutes ces idées à mon loulou. Je n’ai jamais été très créative alors il faut que je me surpasse pour trouver la bonne manière d’instruire ! A force de tenter, d’échouer, de persévérer, j’arrive à mettre au point des stratégies qui sont de plus en plus efficaces avec mon petit bonhomme pour transmettre un savoir.
Trouver de l’énergie quand on n’en a plus
Bien sûr il m’a aussi fallu repousser mes limites de patience et d’énergie ! Comme je le disais dans un précédent article, ce n’est pas rien d’être avec ses enfants H24 ! La seule astuce qui fonctionne dans ce cas, c’est de s’autoriser à prendre une pause. Je le concède, les pauses durant la journée sont difficiles à s’offrir avec mes deux loulous qui me demandent une attention quasi-constante.
Néanmoins, il est important de savoir quand nos limites sont atteintes. Dans ce cas, on ferme les cahiers et les trousses, les ciseaux et les crayons sont rangés et les enfants ont quartier libre. On souffle pendant 1h ou 2h, on se vide la tête entre 2 sollicitations des enfants pour raccrocher leur remorque au tracteur playmobile ou pour arbitrer qui aura le droit de jouer avec le camion de pompier.
Lorsqu’un grand sportif veut battre son record, ne crois pas qu’il ne s’accorde pas quelques pauses de temps en temps. Son corps ne le supporterait pas ! Et souvient toi qu’il va chercher à gagner quelques secondes, quelques centimètres, il ne cherchera pas à doubler sa performance du premier coup !
Une fois cette pause réalisée, on pourra se remettre au travail…ou pas ! C’est la magie de l’IEF : pouvoir suivre le rythme des enfants mais aussi celui des parents !
Comment savoir si on est capable de dépasser ses limites ?
Avant de me lancer dans l’IEF, je savais que j’allais devoir repousser mes limites dans bien des domaines. Je me suis demandée si j’allais en être capable. Mon arme la plus puissante pour trouver cette confiance se trouve dans mon passé. Il a fallu que je me tourne vers mon parcours personnel pour trouver des situations où j’avais effectivement repousser mes limites et dont j’étais sortie victorieuse.
Le sport comme terrain d’entrainement
C’est dans mon passé sportif que j’ai puisé l’inspiration. En effet, repousser ses limites dans le domaine du sport est facilement mesurable. Tu n’arrivais pas à faire un salto arrière, maintenant tu y arrives. Tu ne savais pas enchainer deux longueurs de piscine et aujourd’hui on ne t’arrête plus.
De mon côté, c’est le judo qui m’a formée. Je l’ai pratiqué pendant de nombreuses années. Mon rêve depuis que j’étais gamine était de remporter la ceinture noire. Ce n’est pas le genre de rêves qui te quittent lorsque tu grandis. Il était ancré en moi, au plus profond de mes tripes, je voulais obtenir ce Saint Graal. Une à une j’ai gagné les différentes ceintures qui me rapprochaient de mon rêve. Je suis arrivée à la ceinture marron, la dernière avant la ceinture noire. Je n’avais plus qu’un pas à faire pour atteindre mon rêve.


Dépasser les limites imposées par notre mental
Sauf que l’obtention de la ceinture noire ne se fait pas aussi facilement que les niveaux précédents. Il m’a fallu d’abord passer un examen, que j’ai eu du premier coup. Là, j’étais encore sur quelque chose que je maitrisais. Mais il m’a ensuite fallu suivre un stage d’arbitrage. Là, j’atteignais les limites de la confiance que j’avais en moi.
J’étais arbitre, c’était à moi de prendre les décisions et la peur de me tromper me terrorisait. Au début, je prenais ces décisions après avoir regardé mes aides, j’avais besoin de leur confirmation, avant de murmurer du coin des lèvres mes ordres et consignes.
Un jour, l’un de mes aides m’a dit une phrase magique : « tu es légitime ». Oui, j’étais légitime et j’avais l’obligation de parler fort pour être entendue de tous, j’étais légitime dans mon apprentissage, j’étais légitime dans mes erreurs ! Cette personne venait de faire sauter mes propres limites ! Suite à ça, je suis devenue arbitre départementale.
Repousser ses limites physiques
Je continuais ainsi sur ma lancée, sûre d’atteindre mon rêve, tout me réussissait. A un détail près : il me fallait remporter un certains nombres de victoires en compétition. Sauf que la compétition, ce n’est pas mon kif ! Je n’aime pas ça et, cause ou conséquence, je n’en sais rien, je ne suis pas douée pour cet exercice !
Les compétitions s’enchainaient et les points emmagasinés restaient au ras des pâquerettes ! Les larmes, les douleurs physiques (et psychologiques) me détruisaient moralement chaque fois un peu plus. Jusqu’au jour où j’ai lâché l’affaire. Je me suis dit que la ceinture noire n’était pas pour moi et puis c’est tout.
Malgré tout, mon rêve ne m’a pas lâché et quelques années plus tard, je suis repartie sur les tatamis avec le même rêve caché au fond de moi. J’ai à nouveau rencontré les mêmes difficultés, allant même jusqu’à me blesser. Mais à force de persévérance, j’ai gagné quelques points par-ci et par-là. Et j’ai fini par avoir ce que je voulais. J’ai obtenu ma ceinture noire.
Si j’ai réussi à repoussé tant de limites pour atteindre mon rêve, que ce soit la limite de la confiance en soi pour l’arbitrage, la ténacité, la force physique et mentale pour les compétitions, alors je saurai repousser les limites imposées par l’IEF !
Et toi ? Comment fais-tu pour repousser tes limites ? N’hésite pas à partager tes astuces en commentaire !
Il faut un sacré courage pour oser sortir des sentiers battus. Tu sais faire preuve d’une belle persévérance. Bravo à toi !
Merci pour cette histoire merveilleusement inspirante
Merci pour ton soutien!
Merci pour ce beau témoignages. Perso, dépasser les limites professionnelles / salariales n’a pas été simples pour moi après 10 ans dans une maison de luxe. Mais le cap est passé ! L IEF j’y ai beaucoup pensé et on a finalement eu la chance de pouvoir mettre Little B en école montessori ce qui m’a beaucoup rassuré comme approche pédagogique !
Oui, l’école Montessori peut être une belle alternative à l’IEF. L’approche est totalement différente comparée à une école traditionnelle.
Dépasser les limites n’est pas toujours simple! Mais tu peux être fière d’y être arrivée!
Une aventure que j’aimerais beaucoup vivre quand j’aurais des enfants, même si ce n’est pas le chemin le plus facile.
Merci de nous partager ton expérience !
Je te souhaite de pouvoir connaître cette aventure même si ça devient de plus en plus dur de pouvoir faire l’IEF!
Effectivement !! L’IEF est tellement hors norme que vous avez sacrément eu du mérite d’oser vous lancer. Chapeau à vous ! Plus que le dépassement de soi c’est le fait d’oser braver la norme établie AU NIVEAU DE TOUTE UNE SOCIETE qui est admirable.
Merci! C’est vrai qu’on est totalement à contre-courant de la norme de la société…mais tellement libre!
Un article très inspirant, avec de bons conseils !
La phrase forte à retenir pour moi est « j’étais légitime dans mon apprentissage, j’étais légitime dans mes erreurs » – c’est une grande prise de conscience qui permet de se dépasser !
Oui, cette prise de conscience a été un vraie déclic pour avancer et lever mes propres barrières. C’est fou de constater que c’est nous-mêmes qui nous mettons parfois des limites et qui n’osons pas franchir ces mêmes limites!
Bravo pour tous ces challenges réussis à force de persévérence et de passion. La confiance en soi se construit et tu l’as magistralement montré à travers l’IEF et l’obtention de ta ceinture noire de judo. Merci pour cet article qui est une vraie inspiration. Encore bravo !
Merci pour ce commentaire qui me va droit au coeur!
Merci pour ton article, c’est très courageux à toi de t’être lancé dans cette aventure. J’avoue que je ne m’en sentirai pas capable car pendant le confinement j’ai du faire maîtresse d’école et prof de collège tout en continuant à bosser. Ma fille n’avait qu’une envie retrouver son maître d’école et sa maman (pour elle impossible que je sois les deux). Bon courage à toi
Il est vrai que cette aventure ne peut pas convenir à tout le monde! Certains parents comme certains enfants ont besoin de bien dissocier les apprentissages de la vie de famille! Le principal est que tout le monde trouve son compte, quelle que soit la situation!
Super article ! j’ai adoré le passage sur ton grade noire ! 🙂
Merci! J’avoue que je m’appuie sur ce souvenir pour pas mal de choses et avancer la tête haute avec plus de confiance en moi!