Attention, la grenade est dégoupillée!

Attention, la grenade est dégoupillée!

C’est la fin du weekend et je me surprends à espérer que les heures s’écoulent plus rapidement et que, enfin, les enfants soient au lit! Je suis au bout du rouleau, ils m’ont poussé dans mes retranchements, ma patience est épuisée pour les six prochains mois et pourtant, ce n’est que la fin de l’après midi! Je n’ai plus que quelques heures à tenir mais là, ils se mettent en tête de faire LA bêtise qui me fera péter un plomb! Ils n’ont qu’une idée en tête : dégoupiller la grenade et faire sauter ma zen-attitude!

Déclenchement des hostilités!

J’ai enfin pu me poser 2 minutes pour savourer un délicieux goûter : une tartine de pain tout juste sorti du four accompagnée de quelques carreaux de chocolat. Je le mérite bien! Les garçons jouent avec l’aspirateur que mon homme a laissé trainer dans le salon. Ils se chamaillent : l’un tire sur le câble électrique alors que l’autre tire sur le tuyau d’aspiration. Mais je fais le vide total! Je m’enferme dans ma bulle avec ma savoureuse gourmandise et plus rien existe! Le ciel peut s’effondrer, plus rien ne m’atteint! Quand soudain, je tombe brusquement de mon petit nuage : « maman, j’ai voulu ouvrir l’aspirateur et ça a fait sortir un peu de poussière… » Forte de mes dernières minutes au pays des excellents goûters, je suis zen et je répond du tac au tac et sans une once d’énervement : « et bien tu vas chercher la balayette et tu enlèves la poussière ».

Puis je retourne à mon doux plaisir.

Mais la paix est de courte durée. Du coin de l’œil, je vois P’tit Loup s’escrimer sur l’aspirateur, le bouger dans tous les sens, le pousser, le tirer, etc. Je m’approche est là, je comprend qu’il vient de dégoupiller la grenade! Devant l’étendue des dégâts, je sens que je ne vais pas tarder à exploser. J’ai été compréhensive tout le weekend, j’ai fait des efforts, j’ai travaillé mon self-control, mais là, c’est trop! Tu connais cette sensation que te procure une colère qui monte. Les pieds te piquent un peu, puis les bras ont une violente envie de toute envoyer en l’air avant qu’un cri guttural ne sortent de ta bouche? C’est exactement ce que j’ai ressenti à ce moment précis en voyant le troupeau de moutons qui se faisait la malle de l’aspirateur par le sac éventré. Mais dans un dernier effort (l’instinct de survie?) j’ai gardé mon calme en disant à P’tit Loup : va dans ta chambre. Il a dû sentir que là, il avait franchi la limite à ne pas dépasser. Il s’est fait tout petit et a commencé à reculer en direction de l’escalier pour monter dans sa chambre en gardant un œil sur moi l’air de dire « heu, tu rigoles pas là maman? C’est si grave que ça? »

Cessez-le-feu

Alors que je vois P’tit Loup s’éloigner de moi, les pensées s’enchainent dans ma tête : il n’y a pas mort d’homme (ni d’enfant!!), rien d’irréparable n’a été commis, je ne veux pas que la chambre se transforme en lieu de punition, une punition sans lien avec la bêtise ne sert à rien, il n’a pas voulu mal faire mais il a simplement fait de façon maladroite…Et de toutes ces pensées j’en viens à la conclusion que l’envoyer dans sa chambre, n’est pas la bonne solution et avant qu’il n’atteigne les escaliers, je lui dis que finalement, il ne va pas aller dans sa chambre mais il va réparer sa bêtise.

Tout de suite, son comportement change : d’enfant apeuré, indécis, triste…il redevient boute-en-train avec le sourire! Il me regarde et me demande en rigolant : « alors comment on va faire pour nettoyer tout ça? » Son sourire mon désarme et il ne m’en faut pas plus pour que la pression retombe. Comme si on rembobinait le film et qu’on ne touchait pas à la goupille! Je respire un bon coup et je lui donne les consignes pour réparer sa bêtise. Je l’aide un peu (par pitié pour mon aspirateur et ce qu’il reste de mon salon, il faut bien le reconnaître) et nous voilà en train de récupérer les moutons égarés. A y regarder de plus près, je me questionne : comment a-t-il réussi à mettre un tel bazar alors que je l’ai quitté des yeux le temps d’un goûter (et encore!)

Début des parlementassions

Le démineur (en la personne de P’tit Loup) ayant réussi à désamorcer la grenade, la discussion peut commencer : « mais comment as-tu fait ça P’tit Loup? » Il m’assure qu’il n’a fait qu’ouvrir l’aspirateur sans toucher au sac qui se trouve à l’intérieur. Je prend un peu de recul sur la situation et je le crois volontiers : il y avait une telle quantité de moutons qu’il aurait fallu qu’il éventre le sac qui, en y regardant de plus près, est intact (contrairement à ce que j’avais cru au premier coup d’oeil). J’en viens à la conclusion que le sac était mal positionné ou qu’il a bougé et que le tuyau d’aspiration n’envoyait plus les cochonneries dans le sac mais à côté.

J’ai failli exploser de colère contre P’tit Loup…ce qui n’aurait mené à rien…à cause d’une bêtise qui n’en était pas une…une simple curiosité, un concours de circonstance qui nous a permis de découvrir qu’on était tout simplement en train de bousiller notre aspirateur!

Je me suis excusée auprès de P’tit Loup, lui expliquant que sa « bêtise » n’en était pas une, tout juste une maladresse d’avoir ouvert ce qui devait rester fermer et que j’étais désolée de m’être emportée. Il a sourit, il a rigolé et il a été très fier d’aller porter le sac poubelle rempli de moutons à la poubelle tout seul, au bout du chemin!

Comme j’en parlais ici, ce n’est pas la première fois que je réagis trop vite face à une situation. Ce n’est pas grave! Il suffit d’apprendre à réparer notre « bêtise » comme on apprend à le faire à nos loulous! Et toi? Ça t’arrive d’être comme dégoupillée par ton bambin ou de te rendre compte que tu allais le rendre responsable de quelque chose pour lequel il était innocent?

Cet article a 4 commentaires

  1. Cicitrouille

    Personnellement, je trouve que ton self-contrôle est de plus en plus marqué : ta réaction du départ (« Va dans ta chambre. ») est beaucoup moins violente que l’histoire que tu racontes dans ton article « super pouvoirs ». Bravo !

    1. Miss Obou

      Mais carrément! Quand mon aîné était bébé et qu’il pleurait, ma dose de patience était très faible (bon, je rassure tout le monde, je ne l’ai jamais balancé par la fenêtre!) Et plus le temps passe, et plus je deviens zen! Ils m’ont vraiment changé mes loulous!

  2. Emilie

    Encore une fois, je suis ébahie par ta zen attitude, bravo !

    1. Miss Obou

      Je t’avoue que la zen attitude n’est pas toujours présente! Mais je crois que la pratique du judo pendant de nombreuses années m’aide à avoir une bonne dose de patience et à vite retrouver mon calme!

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