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Je te fais un aveux

J’avoue! J’ai une boule au ventre depuis quelques jours! Elle ne me quittera que demain, quand P’tit Loup sera de retour parmi nous. Appelles-moi « mère-poule » si tu veux, mais c’est ainsi! Si tes enfants ont déjà quelques années derrière eux, tu as très probablement connu ça : leurs vacances sans toi, chez les grands-parents, les tontons ou tatas ou dans une colonie de vacances. Pour toi ça rime avec galère sur galère, ne rien oublier dans le sac, le stress de le savoir loin de toi, la peur qu’il ne soit pas sage, l’appréhension que son séjour ne se passe pas bien, sans oublier bien sûr l’excitation voire la surexcitation du premier intéressé à l’idée de pouvoir passer quelques jours sans ses parents! Quand tu auras fini la lecture de cet article, tu verras que cette épreuve n’est pas insurmontable.

En route vers l’indépendance

Certes ces vacances sans papa-maman sont stressantes mais il faut voir ça comme un petit pas de plus vers l’indépendance et l’autonomie de l’enfant. Je serais bien incapable de donner un âge idéal pour ces séjours symboliques! Un enfant peut avoir eu l’habitude de dormir chez mamie ou papy dès son plus jeune âge et ne pas être dérangé le moins du monde par des vacances chez eux, tout comme un enfant peut avoir besoin de voir sa confiance en lui confortée avant de se lancer dans le grand bain sans être soutenu par ses parents. Tout dépend de l’histoire de chacun. Je me rappelle que mes parents m’ont proposé mon premier séjour sans eux, en colonie de vacances, à l’âge de 8 ans, ou quelque chose comme ça et j’ai tout simplement refusé. Je t’avoue que j’avais fait un cauchemar une nuit par rapport à cette colonie, je n’avais pas osé en parler et du coup, je ne me sentais pas prête du tout à partir. Ce n’est que vers 10-12 ans, que j’ai accepté de partir sans mes parents. Il est primordial de prendre en considération l’envie de l’enfant dans cette situation. Il y a bien entendu, des fois où nous n’avons pas le choix. Plus de place dans le centre aéré, pas de congé en vu, pas de copain-copine chez qui il pourrait aller en journée et des grands-parents trop éloignés pour qu’il revienne dormir à la maison les soirs, mais dans la mesure du possible il faut prendre en compte le souhait de l’enfant. S’il ne se sent pas prêt, on peut en discuter, essayer de comprendre ce qui l’inquiète (l’absence des parents? Le manque de confiance vis-à-vis des adultes à qui il sera confié? Peur de l’inconnu? Peur de grandir, de ne plus être le petit bébé de ses parents?) mais en aucun cas, forcer la main. S’il ne veut pas partir cet été sans toi, il partira l’été prochain, ou le suivant. Qu’importe? Ce n’est pas parce qu’il refuse de partir en vacances sans toi à 5 ans, qu’il est un futur Tanguy! Laisse-lui le temps d’apprivoiser son indépendance.

Mettre à contribution le premier intéressé

Il va falloir que ton bambin s’implique dans son départ! J’ai même envie de dire que, quelque soit son choix de vacances, avec ou sans toi, il peut s’impliquer! Quand je suis partie pour la première fois en colonie (donc à l’âge de 10-12 ans), j’ai été abasourdie par le nombre de gamins de mon âge qui ne connaissaient pas le contenu de leur sac/valise. Je me rappelle d’une nana qui regardait avec dégoût le tee-shirt rose que lui avait pris sa mère. Elle a regardé autour d’elle, les larmes aux yeux, et a vite caché ce tee-shirt, qui, visiblement, ne lui plaisait pas du tout. Au cours du séjour elle nous a expliqué qu’elle n’aimait pas la couleur rose. Une autre était en panique parce qu’elle ne savait pas si sa mère avait mis un maillot de bain dans sa valise ou non. Je trouve ça quand même drôlement triste pour cet âge! Alors, quand il a fallu préparer le sac de P’tit Loup, nous avons regardé la météo (et nous avons fait la danse du soleil pour faire venir le grand absent du moment!), nous avons compté le nombre de jours qu’il serait absent et nous en avons déduit les habits qu’il lui faudrait. Ok, je te l’avoue, du haut de ses 4 ans, cette liste ne ressemblait pas à grand chose, j’ai donc mis ma touche personnelle à ce moment-là des préparatifs. Puis je lui ai demandé de choisir les vêtements qu’il voulait mettre. Il barrait sur notre liste au fur et à mesure qu’il mettait de côté ce qu’il voulait emporter. Nous avons du parlementer un peu au moment de choisir les jeux qu’il voulait emmener (« non, ce n’est pas la peine d’emmener la boite de playmobile! ») mais les discussions se sont bien passées. Bien sûr, nous avons également pensé à prendre son cahier de vacances. Je ne te parle pas ici de ces cahiers qui fleurissent dans tous les magasins dès que les vacances approchent, mais d’un simple cahier où il colle ou dessine ce qui lui passe par la tête. Nous avons collé des tickets d’entrée de musée, des feuilles et des plumes trouvées en balades, il a dessiné le chat qui l’a griffé, etc. On pourrait aussi l’appeler le cahier des souvenirs! Pour finir, nous avons cherché tous les deux ce qui pouvait lui manquer : est-ce qu’il a tout ce qu’il faut pour passer une bonne nuit? Pour faire sa toilette? Pour aller à la piscine? Pour faire face à l’absence du soleil. Et c’est ensemble que nous avons mis toutes ses affaires dans son sac. Ce n’est pas parce que c’est les vacances qu’un enfant n’apprend rien! Bien au contraire! Il apprend sans s’en rendre compte!

Une question philosophique

Une fois que nous avons révisé nos connaissances en météo, en math pour compter les vêtements, en géographie pour savoir où il part en vacances et en organisation de valise, vient le temps des recommandations. Quelle est la première recommandation qui te vient en tête? En ce qui me concerne, c’est immanquablement « sois sage mon P’tit Loup »! Mais ça veut dire quoi être sage? Je me suis demandée comment P’tit Loup comprenait cette injonction alors je lui ai tout simplement posé la question. Et voici sa réponse : « ça veut dire être calme ». Je me suis alors rendu compte qu’il y avait une mauvaise compréhension de sa part et, plus grave, que j’étais bien incapable de lui donner une définition simple de cette consigne!

« Etre sage », ne veut pas dire dire « être calme »…un enfant qui court dans les magasins n’est pas sage mais un enfant qui court dans la forêt est un enfant sage! J’ai voulu lui dire qu’être sage voulait dire qu’il fallait obéir aux adultes…mais si cette définition est juste, alors je ne souhaite pas qu’il soit sage. Je ne souhaite pas qu’il obéisse à un adulte inconnu qui lui demanderait de monter dans sa voiture. Ni à un adulte connu ou non qui lui intimerait l’ordre de faire des actions répréhensibles par la loi. Non! Je veux que mes enfants soient capables de désobéir à des adultes dans certaines conditions. Je ne demanderais donc pas à P’tit Loup d’être sage si je pouvais simplement traduire ça par « obéit ».

Est-ce que je peux traduire ça par « ne fais pas de crise »? Je ne suis pas sûre. Si je lui demande d’être sage, ça veut dire qu’il a le pouvoir de le faire. A-t-il le pouvoir de contrôler à 100% ses émotions? Je ne crois pas (tout comme peu d’adultes savent le faire au point de pouvoir promettre d’ « être sage »).

Alors revenons à la définition première de la sagesse. « être sage » c’est avoir la connaissance, faire « preuve de sûreté dans ses jugements et sa conduite » comme le précise le Larousse. Alors là, effectivement, c’est quelque chose d’un peu plus positif et je pourrais lui souhaiter d’être sage…mais un enfant peut-il être sage à 4 ans si on se tient à cette définition? Je ne suis pas sûre! 4 ans est bien jeune pour avoir atteint la sagesse.

Alors je me suis reprise et j’ai modifié la consigne que je voulais donner à P’tit Loup avant son départ. Ma nouvelle recommandation était donc celle-ci : « profites! » Profites de ces moments pour t’amuser, pour grandir, pour découvrir, pour apprivoiser la vie. Je te fais suffisamment confiance pour savoir que tu feras de ton mieux pour être un enfant plein de vie, plein d’imagination, qui a soif de découvertes, qui obéira quand il faudra le faire et se rebellera dans le cas contraire. Oui, P’tit Loup! Je te fais confiance!

N’hésites pas à me laisser un commentaire pour me dire comment tu vis les vacances de ton/tes enfant(s) loin de toi!

Cet article a 2 commentaires

  1. Emilie

    Comme d’habitude j’ai une parentalité très différente de la tienne 😊
    A 18 mois et presque 4 ans, mes loulous adorent passer quelques jours sans nous chez papi et mamie (je ne sais pas si j’aurai le même discours en revanche en colo avec dès « inconnus »). Et nous aussi! Ça nous permet de ralentir le rythme et de nous retrouver aussi en tant que couple et qu’individu.
    Les retrouvailles n’en sont que plus belles à chaque fois !

    1. Miss Obou

      C’est génial d’arriver à les laisser partir comme ça sans stresser et pouvoir en profiter. Moi, j’ai du mal à en profiter…mais je ne dirais pas que c’est une bonne chose! lol! ça leur fait de supers souvenirs!

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