C’est un garçon ou c’est une fille ?

C’est un garçon ou c’est une fille ?

Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’être comme coupé du monde? Tout s’agite autour de vous mais il vous est totalement impossible de bouger ou dire quoi que ce soit. Et lorsque vous vous reconnectez à la réalité, c’est trop tard. Vous avez un temps de retard, vous avez loupé le coche!
C’est exactement ce qui m’est arrivé il y a 2 ans dans la parapharmacie de mon village sans histoire.

Un incident pas si anodin

Moi c’est miss Obou, maman de 2 petits filous et quelques semaines après la naissance de mon deuxième fils, je suis allée en parapharmacie pour lui acheter une tétine puisque celle qu’il avait ne lui convenait pas. J’avais trouvé un joli lot de 2 tétines, chacune avec un animal dessus. Je ne sais plus exactement quel animal, peut être un éléphant et un chat ou peut-être était-ce autre chose. Je vais pour payer et c’est une copine qui travaille dans cette parapharmacie qui m’encaisse. Elle prend les tétines, me regarde et me dit : « ah? Y a plus d’autre couleur ? Attends,  je vais aller voir. » J’ai comme qui dirait eu un bug. De quoi me parle-t-elle? Et là, je réalise que l’une des tétines du lot est rose alors que mon dernier né est un garçon. Le temps que je comprenne ce qui se passait, la pharmacienne revient avec un autre lot de tétines en me disant : « je ne t’ai pas pris le bleu pour ne pas tomber dans les clichés bleu-petit garçon mais je t’ai pris vert. Ça fera tant. » Encore sous le choc de ce qu’elle vient de me dire, je sors mon porte-monnaie et je paie.
Je m’en suis voulu. Je m’en suis même terriblement voulu! Comment ai-je pu me faire dicter ainsi mon choix, moi qui prône une éducation non genrée et qui ne me laisse pas marcher sur les pieds? A vrai dire, je ne sais pas ! C’est allé tellement vite, je crois que mon cerveau a du faire un « reset » pour comprendre ce qui venait de se passer. Je me suis juré que ce genre de situation n’arriverait plus. Alors je me suis appliquée à respecter mes envies et à offrir, comme je le souhaitais, une éducation loin des stéréotypes à mes enfants. Aujourd’hui, 2 ans après cet incident, je considère que mes deux garçons sont éduqués sans préjugés et que cette histoire de tétine n’était qu’un accident de parcours.
Mais au fait, concrètement, c’est quoi une éducation non genrée ?

Une éducation non genrée

Pour moi, une éducation non genrée est une éducation loin des stéréotypes. Je bannis de tout mon cœur le fameux « rose petite fille et bleu petit garçon ». Mais les stéréotypes vont bien plus loin qu’un simple choix de couleur. Un petit garçon ne pleure pas, une petite fille ne se bagarre pas, un petit garçon est toujours plein d’énergie et de force, une petite fille reste sagement assise sur sa chaise…Et je pourrai continuer ainsi pendant très longtemps! Mais ici, je voulais simplement mettre en lumière quelques-uns des aspects de l’éducation non genrée qui me tiennent particulièrement à cœur.

Les jouets

Bien sûr la première chose à laquelle on pense se sont les jouets. Qu’est-ce que je suis énervée quand je vois des catalogues qui se permettent encore à notre époque de faire un distinguo entre les jouets « pour fille » et les jouets « pour garcons »! J’ai direct envie de les boycotter!
Ces dernières années, le père Noël a apporté des engins de chantiers et des jeux de construction mais également de la dînette, une poupée et un set de ménage.  Et si mes loulous choisissent de jouer avec leurs engins de  chantier c’est un réel choix de leur part! Et lorsqu’ils jouent à la dînette ou à papa – maman  (c’est le truc de mon grand en ce moment) personne ne leur dira quoi que  ce soit si ce n’est que leur gâteau à base de lego préparé dans leur four est délicieux ! Un doux mélange entre jouets identifiés féminins et jouets identifiés masculins…C’est exactement ça la vie! Et c’est ce que sont mes fils! Ils sont tout simplement eux, un doux mélange de féminin et de masculin loin des préjugés !

Les livres

Mes 2 loulous sont fans de livres et lorsqu’une grande tante nous a offert un carton de livres datant des années 50 ils étaient fous de joie (enfin surtout le grand puisque le petit ne comprenait pas trop ce qu’il se passait) mais avant de leur laisser ces nouveautés en libre accès,  j’ai fait un petit tour des histoires et j’en ai discrètement enlevé quelques-uns. Maman à la maison et papa qui ramène l’argent. ..Ça fait un peu trop cliché à mon goût!
Pour ce qui est de la lecture, mon grand oscille entre sa période où il ne faut lire que les livres de pompiers et les périodes où c’est le livre racontant l’histoire d’une princesse qui se mesure à un dragon qui l’emporte. Nous discutons souvent de ces livres et nous arrivons toujours à la même conclusion : oui, une fille peut être pompière et oui, ça peut être un garçon qui est prisonnier du dragon!

Les tâches ménagères

L’autre jour, je papotais avec une copine de tout et de rien et je ne sais plus comment ça s’est fait mais j’en suis venue à lui raconter que mon grand m’avait aidée à plier une panoplie de chaussettes. Et là ma copine a été outrée : tu veux dire que tu demandes à ton garçon de s’occuper du linge ?
– Ben oui pourquoi?
– Mais tu veux en faire un homo ou quoi?

Et là pour le coup c’est moi qui étais horrifiée par ce que j’entendais!
Ma copine hyper branchée, à la pointe du progrès et à fond dans le XXIème siècle pense comme ma grand-mère née au tout début du XXeme siècle! Les mêmes clichés, les mêmes stéréotypes !
Oui, mes garçons m’aident dans les tâches ménagères. Ils plient du linge, passent l’aspirateur et font la cuisine (j’avais d’ailleurs consacré un article à nos séances de cuisine ici, c’est burlesque!). D’ailleurs j’adore parler cuisine et cliché ! Dans l’esprit de bons nombres de personnes ce sont les femmes qui font la cuisine. Et pourtant la grande majorité des chefs reconnus sont des hommes!
Quand les hommes font la cuisine, c’est de l’art et il ne faudrait pas s’abaisser à faire la cuisine quotidienne, ça c’est le travail des femmes. Et bien non!  Pas chez nous! Mes garçons font la cuisine et ils adorent ça! Dès qu’ils me voient cuisiner, ils arrivent en courant et s’installent pour m’aider. J’avoue que leur enthousiasme est moins visible quand je leur demande de plier des chaussettes mais filles ou garçons tout le monde participe à toutes les tâches ménagères!

Alors quand  je vois mon grand sortir de la maison, ses chaussettes rose bonbon remontées jusqu’aux genoux et me disant qu’il va bricoler avec papa, je me dis que pour le moment, la mission que je me suis donnée est plutôt réussie : ces deux petits d’hommes en devenir ne sont pour l’instant pas pollués par des clichés sexistes!

Cet article a 2 commentaires

  1. Emilie

    Bravo !
    Ici c’est l’éducation d’une fille qui est finalement plus compliquée, d’autant que j’ai récupéré beaucoup de vêtements d’amis et de famille. Et mon dieu que de rose ! Cela dit ma position a doucement évolué de « jamais de la vie, j’habille la petite en rose » à « après tout c’est une couleur comme une autre et je n’interdis pas le bleu à son frère »

    Après comme chéri et moi sommes l’exact opposé des clichés traditionnels, je ne suis pas tellement inquiète de la représentation du monde qu’auront mes enfants

    1. Miss Obou

      C’est vrai que le rose est plus connoté que le bleu je trouve! Il faut trouver un juste milieu entre habillé une petite fille de rose des pieds à la tête ou pas du tout. Pas toujours facile !

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