Le caillou de la colère

Le caillou de la colère

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de caillou de la colère? Encore une fumisterie? Je ne sais pas, mais c’est un truc qui a super bien fonctionné alors je partage!

La crise de colère arrive

Alors que j’ai déposé P’tit Loup à l’école pour son premier jour en moyenne section mardi, qu’il me disait en arrivant devant le portail qu’il ne voulait pas aller à l’école, que le lendemain, il se mettait à pleurer lorsque nous évoquions l’école et que hier, une des premières choses qu’il m’a dite après son réveil (à 5h du matin!!!) c’était qu’il ne voulait pas aller à l’école, je voulais vous parler de nos vacances, histoire qu’on ne reprenne pas trop vite nos habitudes boulot-dodo qui me pèsent de plus en plus.

Nos vacances ont été agréables, pleines de découvertes, ensoleillées, reposantes non pas parce que j’ai pu dormir (j’ai toujours deux loustics qui se lèvent à l’aurore) mais parce que j’ai pu couper les ponts qui nous relient à toutes ces contraintes et ces horaires qui rythment nos vies.

Il ne faut tout de même pas s’imaginer que ces vacances ont changé nos enfants. Nos enfants sont toujours pleins d’énergie, pleins d’idées (pas toujours excellentes!) et apprennent à gérer leurs émotions! Et c’est ainsi que le premier soir, après avoir passé 4h en voiture (je vous concocterai un article à ce sujet!), nous arrivons dans la famille de mon homme. P’tit Loup et P’tit Tigre se mettent à courir dans tous les sens, dépensant cette énergie contenue pendant ces longues heures à être ficelés dans le siège auto.

Je ne sais plus exactement comment s’est arrivé…mais je crois bien que Namoureux a contrarié P’tit Loup. Ah oui, ça y est, ça me revient : P’tit Loup s’amusait à faire un bruit fort et incongru avec sa bouche…il parait que c’était le grognement d’un dragon! On lui a demandé de faire moins fort, ou plus loin, enfin pas comme ça…rien n’y faisait! Le débordement d’énergie était sans doute un peu trop intense, la bêtise n’était pas loin et il n’était pas question pour lui de respecter un interdit : il fallait que son énergie sorte! La crise est arrivée! Cris et refus d’obéir…vous voyez le topo!

Comment gérer la crise de colère?

Je prend en charge P’tit Loup et sa colère. Je les emmène tout les deux un peu à l’écart, histoire d’éviter les regards des membres de la familles qui auraient tous un avis, un conseil, une remarque à faire sur cette situation. Nous voilà sur un petit parking à l’entrée de la propriété qui nous héberge. Je lâche P’tit Loup, il court en continuant à faire son drôle de bruit (qui n’avait rien de drôle à mes yeux à ce moment!) en direction de nos hôtes. Je l’arrête en lui disant qu’on y retournera quand il aura arrêter de faire tout ce bruit qui nous empêche de papoter entre adultes. Il me crie dessus et part en courant dans la direction opposée, soit la direction de la route où passe des voitures. A nouveau je l’arrête. Il crie. Alors je ne dis plus rien et je le laisse décharger sa colère. Quand il est dans cet état, il faut que la colère sorte pour qu’on puisse repartir calmement. Il crie et il ramasse des graviers qu’il lance. Il ne les lance pas dans ma direction, ni dans la direction d’une autre personne, ni sur quelque chose de fragile (une vitre par exemple), ni sur quelque chose qu’il pourrait abîmer (une voiture par exemple). Non, il prend des graviers à pleine mains et les lance devant lui. Voyant qu’il n’y a pas de danger ni pour lui, ni pour quelqu’un d’autre ou quelque chose. Je ne dis rien et je le laisse faire. Après tout, c’est une façon de passer sa colère qui me semble honnête! Puis il prend un caillou plus gros que des graviers, il prend la place dans toute sa paume de main, je suis sur mes gardes mais je sais que je suis seule avec lui et que s’il lance le caillou, les seuls dégâts qu’il pourrait y avoir, c’est sûr moi. Je le laisse prendre ce caillou. Il l’a bien dans sa main et le lance de toutes ses forces en criant dans une direction qui n’est pas la mienne puis me regarde. Et là, une idée me vient. Je lui dis que ce caillou, c’est sa colère et qu’on va jeter la colère très loin.

On court tout les deux pour aller chercher le caillou jeté, je m’assure qu’il n’y a personne autour de nous et je lui demande de lancer à nouveau le caillou de toutes ses forces. Et nous courrons à nouveaux pour aller chercher cette colère qui est trop forte pour que P’tit Loup arrive à la gérer, mais qui, déjà commence à montrer des signes de faiblesse. Au bout de quelques lancés, le caillou se casse en deux. On va voir le caillou et je lui dis : « tu vois, tu as été plus fort que ta colère, tu l’as cassée en deux! Comment tu te sens maintenant? » Et il s’est mis à rire et on s’est fait un gros câlin. Alors je lui ai demandé s’il voulait retourner auprès des autres. Il m’a répondu oui. Je lui ai demandé s’il allait arrêter de faire le bruit du dragon. Il m’a répondu oui.

Retour au calme.

Nous sommes retournés voir nos hôtes. Nous avons rejoint Namoureux à qui P’tit Loup a raconté qu’il avait jeté sa colère tellement fort qu’il l’avait cassée en deux. Namoureux, inquiet, me demande : il a cassé quoi? Sa colère! Tout va bien! Le voilà qui s’amuse à nouveau avec son frère, court dans tous les sens et rigole!

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