Six astuces pour se faire obéir (1/2)

Six astuces pour se faire obéir (1/2)

« Et maintenant tu obéis! »

Avouez, vous aussi vous l’avez pensé très très fort cette phrase à un moment de votre vie de parent! Peut-être même que vous l’avez prononcée! Et plus d’une fois! Rassurez-moi, je ne suis pas la seule qui aimerais que son enfant obéisse au doigt et à l’œil? J’ai beau avoir lu un article très intéressant chez Papa positive qui explique qu’apprendre l’obéissance n’est pas forcément la meilleure des choses pour un enfant et pour son avenir, il faut bien avouer qu’il y a des situations où il est impératif que l’enfant obéisse à l’adulte. Que ce soit pour sa sécurité ou même pour le bien-être de l’adulte, il faut que l’enfant fasse ce qui est demandé! Si on lui demande de ne pas écrire au feutre indélébile sur les murs, ce n’est pas pour sa sécurité mais pour notre sérénité! Et c’est ok! On a le droit, en tant que parent, de demander un truc pour assurer notre sérénité, parce que nous ne sommes pas des machines, parce que nous avons eu une méga journée au boulot, parce qu’on est malade (oui, une maman ou un papa tombe parfois malade et aimerait pouvoir se reposer!) ou tout simplement parce qu’on est fatigué et qu’on n’a pas envie de sortir l’alcool à 90°C et passer notre soirée à frotter son oeuvre d’art en croisant les doigts pour que ça parte! Mais comment faire accepter un interdit ou une obligation sans déclencher une crise de colère ou de frustration qui aurait l’effet inverse : nous faire perdre notre calme au lieu de nous rendre serein-e?

L’explication

Il faut être en mesure d’expliquer ce que l’on demande à notre enfant. Je serais la première à me rebeller si on m’interdisait quelque chose sans m’en donner la raison! Pourquoi faut-il se laver les mains après être aller aux toilettes? Pourquoi ne pas faire de bruit pendant que le petit frère ou la petite sœur dort? Pourquoi je n’ai pas le droit de traverser en courant la route? Pourquoi je ne peux pas faire le fou en réponse à ma joie de revoir mes parents après une journée loin d’eux? On n’a pas besoin de rentrer dans les détails et il faut bien évidement s’adapter à l’âge de l’enfant. Mais une explication claire et concise permet d’aider à faire passer une obligation ou un interdit. Pourquoi « permet d’aider à faire passer » et non pas « fait passer »? Parce que l’explication a elle seule n’a que peu d’effet! En tout cas sur P’tit Loup! Dites-moi si ça marche mieux chez vous, mais chez nous, une explication ne suffit pas! L’autre jour, alors que P’tit Tigre faisait la sieste, P’tit Loup, du haut de ses trois ans, sautait dans les escaliers en faisant un raffut de tout les diables. J’ai eu beau lui expliquer qu’il allait réveiller P’tit Tigre, ça n’a rien changé! Il m’a regardé et a recommencé de plus belle comme pour s’assurer que, effectivement, la conséquence de ses actes allait bien être le réveil de son petit frère!

L’alternative

Un truc qui marche pas mal c’est de proposer une alternative. Quand j’ai vu que P’tit Tigre continuait à sauter dans les escaliers alors que je lui avais demandé d’arrêter en lui donnant une explication, je l’ai pris par la main, je lui ai enfilé ses chaussures et je lui ai proposé d’aller sauter dehors!

Une autre fois, P’tit Loup voulait s’amuser avec un coussin. Le problème c’est qu’il s’agit d’un coussin qu’on a coincé entre le lit de P’tit Tigre et le mur pour repêcher plus facilement une tétine qui tomberait sans ça par terre. On lui a donc dit « non » et tout de suite, la crise due à la frustration de ce « non » s’est mise en branle : cris, pleurs, essayer par tout les moyens de prendre quand même le coussins…vous voyez le genre! J’ai alors posé une question à P’tit Loup : que veux-tu faire avec ce coussin? Il m’a répondu qu’il voulait monter dessus pour faire du cheval. Ni une, ni deux, j’ai trouvé son doudou (un grand lange), que j’ai enroulé sur lui-même pour faire un boudin et j’ai dit à P’tit Loup que c’était un cheval. Plus une seule larme, plus un seul, juste P’tit Loup avec son doudou coincé entre les jambes et qui galope dans le salon. Cinq minutes plus tard, il n’y pensait même plus, son cheval gisait face contre terre à côté du canapé.

Le contact

Un autre moyen de faire passer un interdit ou une obligation c’est le contact physique et/ou visuel. Oui, je sais, on met plutôt en avant la distanciation sociale en ce moment, mais là, on parle de notre tête blonde, y’a bien longtemps qu’on a refusé de mettre en place ce genre de consigne avec lui! Et le contact, c’est un truc un peu magique avec les enfants! L’autre jour, P’tit Loup s’amusait à mettre des cailloux sur notre terrasse. Il sait qu’il n’en a pas le droit (« les cailloux restent avec les cailloux et l’herbe reste avec l’herbe », tel est notre credo!) Moi, j’étais en train de mettre la table, de courir après le temps. Alors que je pose les assiettes sur la table, je lui demande d’arrêter de mettre des cailloux sur la terrasse et je repars dans la cuisine pour chercher les verres, quand je reviens il continue à mettre des cailloux là où il n’a pas le droit. Je lui demande une deuxième fois de cesser cette activité et repars dans la cuisine. Quand je reviens, je constate que j’aurais pu pisser dans un violon, cela aurait eu le même effet. Admettez que cette situation a de quoi nous mettre les nerfs en boule! Avouez qu’on a envie de prendre le gamin, de le secouer un bon coup pour qu’il nous écoute.

Là, n’est pas la solution! Si on élève la voix, si on montre que rien ne va plus, il est fort à parier que l’enfant va se braquer et qu’une crise ne tardera pas à venir. Non, dans ce genre de situation, c’est une autre astuce qu’on peut mettre en place : je me suis approchée de P’tit Loup, je me suis mise à sa hauteur pour avoir mes yeux à la hauteur des siens (contact visuel), j’ai posé ma main sur sa main qui tenait encore des cailloux (contact physique) et j’ai redis simplement en le regardant droit dans les yeux : je t’ai demandé d’arrêter de lancer des cailloux sur la terrasse parce que nous avons comme règle à la maison que les cailloux restent avec…(et il a complété ma phrase) Et je peux vous assurer qu’il n’y a pas un seul caillou qui est venu rejoindre ses copains sur la terrasse. Nous avons pu ensuite enclencher la phase de réparation de bêtises : maintenant, il va falloir que tu ramasses tous les cailloux que tu as mis sur la terrasse et que tu les ramènes dans la cour avec les autres cailloux (ce qui s’est fait sans crise et sans pleurs). L’interdit a été respecté, la bêtise réparée et la crise évitée!

Cet article a 3 commentaires

  1. Marie Kléber

    L’obéissance dans sa forme absolue je suis d’accord, mais un enfant a besoin de répondre positivement aussi aux demandes de ses parents et d’apprendre la vie en quelque sorte!
    L’explication sur le moment c’est pas toujours porteur on est bien d’accord
    Par contre l’alternative c’est génial.
    Quant au contact, je crois qu’il faudrait toujours prendre ce temps car comme tu le dis ca fonctionne bien. L’enfant est intégré dans l’échange.
    Hâte de lire la suite…

    1. Miss Obou

      Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il y a parfois des consignes qui doivent être respectées au pied de la lettre et que c’est important que l’enfant soit attentif à ça! Peut-être qu’en diminuant le nombre de consignes données et en faisant attention à ces fameuses astuces, on peut se faire obéir sans trop de difficultés sur les incontournables!

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