Le parfum de papy

Le parfum de papy

Aujourd’hui, je vais vous parler de parfum, pour faire honneur au challenge écriture de Marie que vous trouverez ici.

Mon grand père est décédé en 2014 et depuis ce jour-là, c’est grâce à son parfum que je suis près de lui. Pour être honnête, ce n’est pas son parfum à lui, personnellement, comme une eau de Cologne dont il se serait aspergé tous les jours. Oh, bien sûr, il avait son odeur personnel, celle de son after-shave, mais ce n’est pas celle-ci qui m’a marqué. Non, c’est le parfum de sa maison dont je me souviens. Un parfum qui varie d’une pièce à une autre. L’odeur de créosote qui prend le dessus, dans le salon avec sa collection d’insectes, base de son métier d’entomologiste. Puis, en arrivant dans la cuisine, c’était l’odeur des bons petits plats qui venait nous chatouiller le nez. Parfois une purée de marron si nous approchions de Noël, ou alors sa sauce hollandaise qu’il mariait à un poisson dont j’ai oublié le nom et qui était accompagné de riz. Si nous descendions dans le garage, alors l’odeur du « vieux » nous accueillait. Des tas de babioles sans âge entreposées ici, où avait naguère couché une voiture. Mais si nous revenions sur nos pas pour monter dans les chambres alors là, c’était l’odeur du linge propre qui prédominait. Une odeur que je n’ai jamais réussi à retrouver quelque soit la lessive que j’ai testée. C’était tout simplement le parfum de chez papy!

Bien sûr, au décès de mon grand-père, j’ai récupéré quelques affaires qui venaient de chez lui. Des boites à insectes, des livres, divers linges, etc. J’ai malheureusement dû aérer au maximum les boites à insectes puisque le produit qu’elles contiennent est toxique. Celles-ci n’ont donc plus le parfum de « chez-papy » (sauf si je les ouvre et là…je me retrouve projetée chez mon grand-père!) J’ai longtemps hésité à utiliser les linges que j’avais récupérés parce qu’en les lavant, je savais que j’allais perdre l’odeur de chez-papy. Mais quelle utilité de garder des linges sans s’en servir? Et les livres? Je les ouvre peu, ils sont encore imprégnés du parfum de chez-papy! Et quand je suis un peu nostalgique, quand j’ai besoin de me souvenir, j’ouvre un livre et je prend une grande inspiration! L’odeur est une vraie machine spatio-temporelle! Grâce à elle, je me retrouve chez papy, il y a quelques années en arrière! Et je suis apaisée par ces valeurs « sûres » de mon enfance. Comme un lien inaltérable qui se renforce entre moi et l’enfant qui se cache au fond de mon cœur.

Malheureusement, je sais que ces odeurs vont disparaître pour laisser place à l’odeur « chez-Miss-Obou »…mais qui c’est? Peut-être qu’un jour, mes petits-enfants, hériteront de ces objets et ils se souviendront de moi grâce à ce nouveau parfum?

Déjà, P’tit Loup apprend à sentir, découvre les odeurs et sent tout ce qui lui passe entre les mains, se créant ainsi des odeurs-souvenirs.

L’odeur a un pouvoir universelle…mais elle est personnelle! Et vous? Quelle est votre meilleure odeur-souvenir?

Cet article a 9 commentaires

  1. Haule Christine

    La mémoire olfactive est très importante. Je n’ai pas la chance comme toi d’avoir des odeurs comme ça de mon grand-père et crois bien que je le regrette. J’ai découvert que tard dans ma vie la magie de cette mémoire que parfois on néglige. Quand je fais un voyage très lointain je change de parfum, je le porte pendant ce voyage, je garde ce qui reste et rien qu’à le respirer en fermant les yeux les souvenirs reviennent…….. tu as bien raison d’ouvrir tes petits à cette sensibilité. Biz

    1. Miss Obou

      Changer de parfum…c’est quelque chose que j’ai beaucoup de mal à faire et à accepter de la part de mon entourage proche! J’ai l’impression qu’en changeant d’odeur, ils ne sont plus les mêmes! Je n’imagine pas ma maman ne pas sentir son éternelle fragrance que je reconnaitrais entre mille! Mais c’est vrai que c’est une super idée de se replonger dans ses souvenirs en utilisant un parfum! On ferme les yeux et nous voilà transporté dans nos souvenirs! Magique!

  2. Josee Nadeau Cousineau

    Une odeur nous ramène souvent à notre enfance. Une de mes petite-fille s’amusait à se déguiser avec mes foulard et elle disait souvent, en s’enfouissant le nez dedans, que ça sentait grand-maman! 😉

  3. Mébul

    Oups, il faut lire : l’odeur de l’herbe.

    1. Miss Obou

      Ah! L’odeur de l’herbe! J’adore! Mes parents ont un grand jardin et on pourrait croire que je me retrouve dans celui-ci quand je sens l’odeur d’herbe fraîchement coupé! Et bien non! Je me retrouve là où nous passions une semaine en vacances, tous les ans, nous arrivions au moment des foins, les champs étaient moissonnés, le foin séchait au soleil de juillet, dégageant cette odeur si caractéristique! Un vrai bonheur!

  4. Mébul

    C’est tellement vrai ça que l’odeur est une machine spatio-temporelle !
    Moi, je crois que c’est l’odeur que j’aime qui me ramène dans mon jardin d’enfant.

  5. Marie

    Oh, comme tout ça me parle! C’est une chance d’avoir pu récupérer des objets qui lui étaient chers et d’y retrouver son odeur. Une très belle évocation. Et un papy entomologiste, en plus: ce n’est pas banal. Il devait avoir des tas de choses passionnantes à raconter!

    1. Miss Obou

      Ce n’était pas un bavard, mais nos balades pouvaient vite se transformer en cours et j’apprenais toujours un truc sur les insectes! Malheureusement, je n’ai pas retenu le 1/100ème de ce qu’il a pu nous dire…mais les souvenirs restent!

  6. C’est une bien jolie histoire. Parfois j’ai l’impression qu’en fermant les yeux on peut retrouver ces odeurs si chères à notre cœur.
    Mais oui avec le temps elles passent sur les objets. On y laisse comme tu le dis si bien une nouvelle trace. Qui un jour viendra réjouir le coeur de ceux que l’on aime.
    Une transmission en quelque sorte.
    Merci pour ton récit

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