Le cauchemar du repas

Le cauchemar du repas

J’aime le temps du repas. C’est un moment de partage pendant lequel on discute de notre journée, de nos projets, de nos envies, tout en prenant le temps de se poser. Je trouve que c’est vraiment essentiel pour une famille d’avoir ainsi un rendez-vous pour tous se retrouver. Mais parfois, les repas deviennent enfer! A ce moment-là, je suis triste d’être privée d’un moment serein et agréable et je suis en colère contre l’élément qui me prive de ce petit plaisir. Et cet élément perturbateur, il faut bien le reconnaître, c’est bien souvent P’tit Loup!

Si jamais P’tit Tigre n’est pas réceptif au repas, c’est bien souvent qu’il est fatigué. Dans ce cas, on le met au lit et on revient profiter de notre dîner. C’est simple à gérer!

Mais lorsque c’est P’tit Loup qui, pour une raison ou pour une autre (ou pour plusieurs raisons!) « saccage » notre repas, là, c’est beaucoup plus difficile à gérer! Si on l’écarte de ce moment…c’est la crise! Si on le laisse avec nous…c’est la crise! Il faut beaucoup de tact et de doigté pour ensuite réussir à terminer un repas sans le passer par la fenêtre! Il refuse de manger mais quand on lui dit de sortir de table s’il ne veut pas manger, il hurle. Bref, je pense que vous voyez la situation, je ne crois pas que P’tit Loup soit un cas isolé et quand nos chers têtes blondes ont décidé qu’ils ne voulaient pas manger ce qui est présenté à table la porte des Enfers n’est pas loin!

Que faire pour éviter le cauchemar des repas?

Première solution : ah bon? Tu voulais des croque-monsieur alors que j’ai préparé un gratin de courge? Mais bien sûr mon lapin, je cours en grande surface pour satisfaire votre Sainteté et acheter de quoi préparer des croque-monsieur.

Alors ça, je vous le dis clairement, ce n’est pas mon truc! Je ne vais pas me payer les courses à 19h pour aller combler son désir, soyons honnêtes!

Deuxième possibilité : Ah zut, mon lapin des îles! Tu voulais des croque-monsieur alors que je te propose un gratin de courge. Bon écoute, je n’ai pas de quoi faire des croque-monsieur mais je note ton envie et la prochaine fois que j’irai faire des courses j’achèterai ce qu’il faut pour en faire. En attendant j’aimerais que tu manges 1) ce que j’ai préparé (solution 2.1, pour les soirs où on le sent réceptif) 2) un reste de pattes qu’il y a dans le frigo et que je vais te faire réchauffer (solution 2.2, pour les soirs où on sent la méga crise arriver si on insiste ou alors si on sait que, définitivement, il n’aime pas la courge!)

Astuce anti-panique au repas

Mais hier, j’ai trouvé une autre astuce pour transformer le repas en un excellent moment alors que c’était franchement mal engagé! J’apporte le plat que j’ai préparé avec tant d’amour : un gratin de courge (le fameux!) avec des pattes (histoire de faire passer la pilule de la courge!). P’tit Loup regarde ça d’un air peu ragoutant et me demande ce que j’ai mis dans ce plat à la couleur douteuse : de la courge, des pattes, du fromage, de la crème, des œufs…J’aime pas les œufs de poule me dit-il d’un air dégoutté!

Je tente de le persuader : mais si, ça va être bon! Tu ne vas pas sentir les œufs! C’est comme quand je fais un gâteau ou une tarte. Ce à quoi il répond d’un air buté qu’il n’aime pas les œufs.

Namoureux rétorque un « allez, mange »…mais P’tit Loup reste là, avachi sur sa chaise à regarder son assiette. Il finit par prendre sa fourchette…pour faire des dessins sur sa part de gratin. « Mange, P’tit Loup »! « Mais tu peux m’aider, papa! », « Non, tu sais manger tout seul alors tu manges! »

Alors que Namoureux refuse de l’aider, je sens la crise arriver à grand pas! P’tit Loup n’est pas à côté de moi, je ne peux pas l’aider, d’autant plus que je donne déjà à manger à P’tit Tigre.

« J’aime pas les œufs de poule », continue, buté P’tit Loup.

Et là, une idée formidable émerge dans la tête de Namoureux : mais ce ne sont pas des œufs de poule! Ce sont des œufs de dragon!

P’tit Loup en reste bouche bée!

Une idée germe alors dans mon esprit : jouons le jeu de œufs de dragon!

« – Et bien oui P’tit Loup, je suis allée chercher des œufs de dragon dans la montagne, tu ne savais pas?

– Ah bon?

– Mais oui! J’y suis allée à pieds, un soir de pleine lune. Je suis grimpée en haut de la montage jusqu’à ce que je trouve un dragon!

– Et après?

– Mange donc une fourchette du gratin…(il s’exécute sans aucune difficulté!) après? Et bien j’ai entendu un drôle de bruit, comme un grognement, j’avais drôlement peur et tu sais ce que c’était non?

– non! C’était quoi?

– Mange une nouvelle fourchette…(et hop, une nouvelle bouchée d’enfournée!) et bien figures-toi que je me suis trouvée nez à nez avec un dragon qui avait une aile de coincée. Tu sais que les dragons ont des ailes pour voler? Tu le sais ça?

– etc.

Et c’est ainsi que nous avons mangé tout en écoutant (pour P’tit Loup) et inventant (pour moi), une histoire complètement farfelue d’œufs de dragon que je serais allée chercher.

Je ne suis pas une spécialiste de la petite enfance ni de la psychologie encore moins de la pédopsychologie et je ne sais pas si cette astuce plairait aux grands pontes du domaine. Mais je ne suis pas là pour leur plaire, je suis juste là pour vous donner quelques astuces que j’ai testées et validées auprès de mes enfants. Des astuces qui me permettent de savourer des moments de pause si agréables en fin de journée!

Et vous? Que faites-vous quand vos enfants boudent vos plats?

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